Comment une tomate m'a rendu plus productif

Je suis un procrastinateur en chef. Vous savez, celui qui a tendance de base, à remettre tout au lendemain. Ou plus exactement, à toujours trouver mieux à faire que ce qu'il doit vraiment faire et qu'il n'a pas envie de faire. C'est un souci aussi bien dans la vie professionnelle que personnelle.

Au boulot, tu stresses car tu cours toujours après le temps, tu t'en veux parce que tu n'as pas fait tout ce que tu « aurais du faire ». À la maison, tu ne profites pas de ton temps libre car tu culpabilises de ne pas avoir bossé comme tu aurais voulu.

Quand tu en parles autour de toi, les bons penseurs ont toujours la solution : « t'as qu'à t'y mettre ! ». Hey tu sais quoi, c'est justement mon problème ;-) Il y a en plus le message subliminal : « arrête d'être fainéant ». Malheureusement, ça n'a pas grand chose à voir avec la fainéantise. C'est plutôt un moyen de se protéger. Entre la satisfaction immédiate de faire quelque chose de plaisant ou la peur d'échouer en faisant quelque chose qui nous semble difficile, on a tendance à aller vers la première lorsque l'on a un souci avec le fait d'échouer. C'est beaucoup moins dangereux.

J'ai essayé beaucoup de méthodes pour être « plus productif » (comme GTD par exemple), sans grand succès. Ou c'était trop compliqué et donc j'abandonnais ou bout d'un moment ou alors ça n'avait tout juste pas grand effet.

Mais ça c'était avant. Comme j'ai tendance à ne pas me laisser abattre, j'ai persévéré et j'ai fini par tomber sur une tomate, ou plutôt sa version italienne : le « pomodoro ».

Plus qu'une méthode pour être « plus productif », c'est avant tout un moyen d'établir une relation plus seine vis à vis du temps. Au lieu de le voir comme quelque chose dont vous n'avez pas assez et après lequel vous êtes toujours en train de courir, il devient votre allier et par conséquence, vous aide à être plus productif.

Comment ça se passe concrêtement ? J'en avais déjà parlé dans un précédent article : la magie vient du fait de travailler par tranche de 25 minutes qui sont comptées par un minuteur de cuisine qui fait tic/tac, type tomate (d'où le nom de pomodoro en italien) et qui sonne ou bout des 25 minutes. Peu importe le minuteur, qu'il soit en forme de citron, de tomate, d'orange ou de je ne sais quoi, ce qui est important c'est qu'il fasse tic-tac, qu'on puisse voir combien de temps il reste et qu'il sonne ou bout de 25 minutes.

Et c'est tout ? Oui, enfin presque. Vous ajoutez une liste de tâches à faire aujourd'hui, une todo liste « globale » et quelques règles :

  • Un pomodoro qui a commencé doit sonner, sinon il ne compte pas.
  • Quand il sonne, on prend une pause de 5 minutes. Pas le droit de finir « le petit truc qui prendra que 2 secondes et qui prend en fait 10 minutes ».
  • Au bout de 4 pomodoros, on fait une pause de 20/30 minutes.
  • On note chaque interruption sur une feuille (envie d'aller voir twitter, un collègue qui passe, …) pour en prendre conscience et on retourne à son pomodoro.
  • Si la tâche est estimée prendre plus de 5 pomodoros, on sépare la tâche en plusieurs.
  • Si la tâche est estimée prendre moins d'un pomodoro, on la groupe avec d'autres.
  • Ça ira mieux au prochain pomodoro.

Grosso modo, on a fait le tour. Pour de vrai vous avez un livre d'une 60 aine de pages qui est disponible en français gratuitement et qui explique tout en détails. La dernière version est payante sur le site de l'auteur et uniquement en anglais, mais pour l'avoir achetée, je peux vous dire qu'il n'y a rien de nouveau par rapport à l'ancienne.

Tout ça pour vous dire quoi ? Tout simplement pour vous faire part de mon enthousiasme vis à vis de cette technique. Je l'ai découverte il y a plusieurs années et elle me rend toujours de très grands services. Ses effets magiques sont :

  • On se rend compte de la somme de travail effective réalisée chaque jour (car pour être comptabilisé, un pomodoro doit se finir).
  • Le temps n'est plus quelque chose qui pose soucis (d'autant plus vrai quand vous avez des deadlines). Lorsque le temps s'écoule, c'est qu'on se rapproche de la fin de votre pomodoro, et donc plus le temps s'écoule (tic/tac) plus on sait qu'on a produit un travail efficace.
  • Le tic/tac devient rapidement très apaisant. C'est bête, mais dès que j'entends ce tic/tac, je sais que je travaille et je ne pose pas de questions. Je n'ai même plus le réflexe de « vérifier vite-fait mes mails ».
  • Vous vous améliorez quant il s'agit d'estimer une tâche à faire. Non cet email ne vous a pas pris que quelques minutes, vos pomodoros disent que vous y avez passé 50 minutes.
  • Vous vous sentez beaucoup plus apaisé sur votre temps libre car vous avez une notion claire de ce que vous avez produit aujourd'hui, et vous savez que vous avez été efficace.
  • Les pauses forcées vous font gagner un temps fou : elles permettent de sortir la tête du guidon et donc de se rendre compte quand on est dans une impasse et qu'il faut changer de direction.

Pour les personnes comme moi qui ont un rapport au temps un peu problématique et qui se disent qu'elles pourraient être plus efficaces si elles s'organisaient mieux, je vous conseille vivement de prendre un peu de temps pour lire le livre gratuitement. Pour les autres, vous n'êtes pas en train de bosser plutôt que de lire ce blog ? ;-)

Quelques liens pratiques :

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