Le jour où j'ai arrêté de fumer

N'étant pas fumeur moi-même, c'est Tim du blog amicalement-web qui nous fait part de son expérience. Un grand merci à lui :)

Le moment fatidique

Lundi 28 octobre 2013, 19h passé, j'arrive chez moi après ma journée de travail, seul, ma chère et tendre étant parti travailler, elle. Depuis la veille j'ai justement décidé que ce serait ce moment où j'allais transformer mon premier et seul essai d'arrêter de fumer. Aucun patch, aucun substitut, juste moi et mon désir d'arrêter.
Tout a été calculé, mon paquet ne contient plus qu'une seule cigarette, mon verre de citronnade à la main (très bon la citronnade mais c'est une autre histoire) je me dirige vers mon balcon où je fume matin et soir. Je me sens prêt. Je me lance… Quelques instants plus tard, tout est parti en fumée et me voilà libéré. Enfin je crois.

La première cigarette non consommée est celle après le repas. Il m'est déjà arrivé de ne pas la fumer, je sais donc que ça ne sera pas compliqué. J'avais raison. L'heure de se coucher arrive, aucun signe inquiétant, au contraire un grand sentiment de fierté me berce et je dors bien. Premier obstacle franchi.

Lendemain matin, tout est plus compliqué. Je me réveille un peu en avance, fait assez rare pour être souligné. Je sais déjà que je ne vais pas fumer aujourd'hui et ça me stresse. Le petit rituel du matin se passe finalement bien, la routine aidant, jusqu'à la conclusion classique café/clope qui vient clôturer mes petits déjeuners depuis plus de 5 ans.
Je décide de ne rien changer à mes habitudes : café sur le balcon au grand air, mais sans cigarette bien sûr. Je n'essaye pas de chasser les pensées de cigarette qui traversent mon esprit, j'essaye au contraire de me rappeler pourquoi j'ai écrasé cette dernière cigarette. Je pars travailler plus détendu, 2e obstacle franchi sans trop de peine finalement. Je suis regonflé.

Sur le quai du métro première session d'attente sur mon trajet du travail et pour je ne sais quelle raison, crise d'angoisse. Je crois que mon corps vient de comprendre que j'étais plutôt sérieux et que non il n'aura pas sa dose de nicotine en arrivant au travail. Je respire, je me calme et une nouvelle fois je me rappelle que l'objectif est quand même d'arrêter d'ingérer du poison.

Ça passe, 3e obstacle franchi également… et ce fut le dernier obstacle… Aussi fou que cela puisse paraître pour un fumeur, je n'ai ensuite jamais ressenti de complication suffisamment sévère pour être notée ici. Quelques sensations de manque très légères que j'ai su reconnaître assez facilement et combattre avec la même technique : me souvenir. Sensations qui ont d'ailleurs disparues très vite et que j'ai oubliées tout aussi vite.

Les 48 premières heures passées, les légères sensations de manque sont devenues de plus en plus espacées. Après 5 jours, j'avais presque oublié que j'avais fumé pendant si longtemps...

Je suis non fumeur depuis 15 jours. J'ai attendu mes 17 ans pour y goûter, et mes 20 ans pour devenir un vrai fumeur régulier, soit 9 ans de tabagisme intensif, 12 au total.

Et avec tout le foin et le business qu'on fait autour de l'arrêt du tabac, j'aurais réussi à arrêter si facilement ? Car oui, avec le recul de ces 15 premiers jours, si j'écris ces quelques lignes c'est que j'ai trouvé ça facile comparé à ce que j'imaginais.

Comment j'en suis arrivé là ?

Je me suis toujours considéré comme un fumeur régulier mais sans plus.
"4/5 par jour" que je répondais à mon médecin. Rien de grave en soi, et ça me faisait plaisir, avec un ricard à l'apéro, ou avec un verre de vin en soirée, avec mon café le matin. Oui car en fait 4/5 par jour c'était les journées classiques, mais en fait ce genre de journée n'existe pas. Toujours un imprévu, une discussion, une rencontre qui fait que ce sera 6/7 voir 9/10.

Je trouve que ce comportement résume bien notre façon d'agir face à la cigarette, on se ment… Et pas aux autres, à notre médecin, ou autre, mais à nous même. On se voile la face.
On pense ne pas fumer tant que ça, on pense être dans les bonnes limites mais en fait la limite on l'a dépassée quand on a commencé malheureusement.
Du coup, on se rassure en se disant que c'est pas assez pour tomber malade, qu'il y a pire que nous et qu'ils vont très bien. Mais on se ment aussi.

Et on continue de fumer.

On pense aussi prendre du plaisir à fumer. Personnellement, j'ai toujours plus apprécié de fumer avec un verre d'eau, de citronnade, de ricard, de café, insérez votre boisson du moment. Ce n'est que maintenant que je suis non fumeur que je comprends pourquoi : la boisson aide facilement à camoufler le goût infect d'une cigarette.

Faites le test. Pendant une soirée ne fumez pas en même temps que vous boirez… Rappelez vous que vous préférez fumer avec votre café le matin, ou votre bière après le boulot.

Je pensais à arrêter de fumer depuis pas mal de temps, je dirais même quelques mois. Il restait à trouver une période propice, période qui n'existe pas vraiment bien sûr. À force de repousser, j'ai décidé un jour de prendre un calendrier et d'arrêter une date : ce serait le 4 novembre 2013. Premier lundi du mois suivant, affaire réglée.

J'avais donc 1 mois devant moi pour m'organiser. Je n'étais pas vraiment inquiet, j'ai toujours pensé être capable d'arrêter facilement… Un autre mensonge à moi-même. Sous prétexte que c'était facile, je n'arrêtais pas ? Ca aurait dû être l'inverse ! la vérité c'est que je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer.

La date fatidique approchait et pour l'instant mon plan était assez simple : le fameux lundi matin, je jetterai mon paquet en partant travailler et terminé ! Et puis on verrait bien.

Finalement 15 jours avant, j'ai entendu parler d'un livre dont j'avais déjà eu écho il y a plusieurs mois en soirée : "La méthode simple pour en finir avec la cigarette" d'Allan Carr.

Le titre est prometteur mais grand sceptique que je suis j'ai passé une heure à trouver la faille et vérifier quel charlatant était ce monsieur. Et je n'ai pas trouvé grand chose au final… Il y a donc quelqu'un qui dit qu'arrêter de fumer est simple, comme je le croyais (mais à tort selon moi), et qui vend un livre pour l'expliquer ?
7 euros c'était un paquet de cigarettes, je décidais de vérifier par moi-même cette méthode miracle.

Je l'ai lu dans les transports en commun pendant une semaine, sans prendre de temps personnel, ça ne m'a donc rien coûté.

À la moitié du livre je savais déjà que j'allais réussir à arrêter, je ne savais juste pas comment. Après une semaine de lecture assidue, j'ai finalement arrêté et me sentant prêt et armé, avec une semaine d'avance sur mon calendrier, le Lundi 28 octobre.

Quelle est la recette miracle ?

Tout ce que je décris au début, j'ai pu l'affronter car je savais que ça pouvait se produire. Et quelle était la meilleur façon d'agir face aux signes inquiétants.

Je ne suis pas là pour faire la promotion d'un livre ou autre, mais avec le recul voici les éléments contenus dans ce livre qui devraient être pour moi la base de toute affiche concernant l'arrêt de la cigarette.

On sait que la cigarette n'est pas bonne pour la santé, celle de nos enfants, de nos proches. Mais pourtant on continue.

En fait, en tant que fumeur, on se pose beaucoup de questions, toutes se transforment souvent en excuses pour continuer.

  • Comment agit la nicotine et sur quoi ?
  • Est-ce que je vais avoir des crises de manque ?
  • Je vais prendre du poids ?!
  • Comment réagir face à la cigarette ensuite ?
  • Le geste va me manquer !

Ce livre essaye juste de répondre à ces questions en plus de lever le voile qu'on s'est mis (qu'on nous a aidé à mettre je vous rassure) sur le visage.

Le but du jeu est simplement de comprendre le tabagisme pour mieux le combattre. Une technique assez classique en fait :

Pourquoi fume-t-on ?
Question qui peut sembler inutile dans le fond mais qui est la base de tout je pense. Comprendre l'origine aide toujours à cerner un problème.

Pourquoi continue-t-on ?
On sait que c'est mal mais on continue.

Pourquoi arrêter nous semble si dur ?
On nous propose de nous aider à arrêter, on nous propose une multitude de méthodes alternatives. Forcément si on nous propose de nous aider, c'est que c'est pas si simple… Et puis il y a les légendes urbaines sur les gens qui ont des difficultés à arrêter.

Comment se passe la suite après avoir arrêté ?
Nous pousser dans l'eau sans nous expliquer qu'on peut y découvrir des coraux magnifiques serait très bête si l'idée de base est bien de nous mettre à l'eau. Idem dans notre cas. On a forcément plein de questions et y répondre me semble nécessaire.

Aujourd'hui, vous me direz que 15 jours c'est encore un peu court pour juger.

Pourtant dès le 2e soir, je me retrouvais à une petit fête où j'avais l'habitude de fumer 10 cigarettes. Je n'ai eu aucun problème à passer une bonne soirée sans penser à tirer une seule bouffée.

Ma chère et tendre a adopté la même technique avec un petit décalage. Elle a donc continué à fumer pendant 1 semaine comme d'habitude (j'avais insisté pour qu'elle ne change rien) sans que cela ne me dérange.

J'ai déjà pu essuyer un repas dominical. Celui où on a une seule envie après s'être goinfré du bon gigot de mamie, c'est de fumer une bonne grosse cigarette. Là encore sans problème.

J'ai fumé une cigarette avec mon café pendant plus de 5 ans. Aujourd'hui je bois mon café tout en l'appréciant autant, au même endroit qu'avant sans penser à fumer.

Et le plus important, je suis convaincu de ne jamais plus fumer à nouveau une cigarette.

Comment je me sens ?

Rien non plus de paradisiaque ou de totalement changé hein. Mais juste la sensation d'un pas de plus vers un meilleur contrôle de ma vie et une plus grande sérénité.

Et on ne peut pas dire que cela m'a vraiment coûté, en fait cela m'aurait même fait gagné un peu d'argent…

Et vous, pourquoi vous fumez encore ?

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