Le courage de vivre consciemment

Je vous propose ici une traduction de l'article The Courage to Live Consciously de Steve Pavlina (par mes soins). J'adore cet article, c'est un des seuls que je relis régulièrement. Il est très long (c'est quasi un chapitre de livre), mais il en vaut le coup. J'ai essayé de mettre en gras les thèmes principaux pour permettre une lecture en diagonale, mais je vous conseille vraiment de prendre le temps de le lire en entier. S'il n'y en avait qu'un à lire, ça serait celui-là. Place à Steve Pavlina maintenant.


La sécurité est avant tout une superstition. Elle n'existe pas dans la nature, et aucun enfant des hommes n'en a jamais fait l'expérience.
Éviter le danger n'est pas plus sûr à long terme que de s'y exposer purement et simplement.
Pour faire face au changement et se comporter comme des esprits libres en présence du destin, rien ne peut vaincre la force.
- Helen Keller

Dans notre vie de tous les jours, la vertu d'avoir du courage n'est pas vraiment mise en avant. Le courage est une qualité réservée aux soldats, aux pompiers et aux activistes. La sécurité est ce qui compte le plus aujourd'hui. Peut-être vous a-t-on appris à éviter d'être trop audacieux ou trop brave. C'est trop dangereux. Ne prends pas trop de risques. N'attire pas l'attention en public. Suis les traditions familiales. Ne parle pas aux étrangers. Fais attention aux gens suspects. Reste en sécurité.

Mais trop mettre l'accent sur l'importance de la sécurité personnelle dans votre vie a pour effet de bord celui de vivre en « réagissant ». Au lieu de vous fixer vos propres buts, de mettre en place des plans pour les achever, et de vous y donner à fond, vous jouez la sécurité. Vous continuez à travailler à votre emploi stable, même s'il ne vous convient pas. Vous restez dans une relation insatisfaisante, même si vous vous sentez complètement mort au fond de vous, comparé à la passion que vous avez pu avoir autrefois. Qui êtes-vous pour croire que vous pouvez renverser l'ordre établi ? Acceptez ce que la vie a bien voulu vous donner, et faites de votre mieux. Suivez le courant et ne faites pas tanguer le bateau. Votre seul espoir est que les courants de la vie vous emmenent dans une direction favorable.

Il existe sans aucun doute des dangers que vous devez éviter dans la vie. Mais il existe un énorme fossé entre la témérité et le courage. Je ne fais pas référence ici au courage héroïque nécessaire pour sauver quelqu'un d'un immeuble en feu. Par courage, j'entends la capacité à faire face à ces peurs imaginaires et à remettre la main sur une vie bien plus intense que vous vous êtes refusée de vivre. La peur de l'échec. La peur d'être rejeté. La peur de la faillite. La peur d'être seul. La peur d'être humilié. La peur de parler en public. La peur d'être exclu par votre famille et vos amis. La peur de l'inconfort physique. La peur de regretter. La peur de réussir.

Combien de ces peurs vous retiennent actuellement ? Comment vivriez-vous si vous n'aviez pas peur du tout ? Vous feriez toujours preuve d'intelligence et de bon sens pour éviter les réels dangers, mais sans ressentir de peur. Seriez-vous plus enclin à prendre des risques, particulièrement quand le pire qui pourrait vous arriver ne pourrait vous faire aucun mal ? Prendreriez-vous la parole plus souvent, parleriez-vous plus souvent à des inconnus, demanderiez vous plus de ventes, plongeriez-vous tête baissée dans ces projets ambitieux dont vous rêvez ? Que se passerait-il si vous finissiez même par aimer faire les choses dont vous avez actuellement peur ? Quelle différence cela ferait dans votre vie ?

Vous êtes-vous déjà convaincu que vous n'êtes pas vraiment apeuré par quoique ce soit... qu'il y a toujours de bonnes et de logiques raisons pour ne pas faire certaines choses ? Il serait impoli de vous présenter à un inconnu. Vous ne devriez pas essayer de parler en public car vous n'avez rien à dire. Demander une augmentation serait malvenu car vous êtes censé attendre le prochain entretien officiel. Mais ce n'est qu'une façon de rationaliser - pensez à comment votre vie pourrait changer si vous pouviez faire ces choses avec confiance et courage, sans ne ressentir aucune peur.

Qu'est-ce que le courage ?

Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la conviction qu'il y a quelque chose de plus important que la peur. - Ambrose Redmoon

Le courage est la résistance à la peur : la maîtresse et non l'absence de la peur. - Mark Twain

Le courage c'est de rester en selle, même mort de trouille. - John Wayne

J'aime les définitions du courage ci-dessus qui suggèrent que le courage est la capacité à passer à l'action en dépit de sa peur. Le mot courage vient du Latin cor qui signifie « cœur ». Mais le vrai courage est plus une question d'intellect que de sentiment. Il requiert l'utilisation d'une partie propre à l'homme de votre cerveau (le néo-cortex) pour combattre le cerveau limbique émotionnel que vous partagez avec les autres mammifères. Votre cerveau limbique vous averti du danger, mais votre néo-cortex raisonne pour dire que le danger n'est pas réel, ainsi vous ressentez juste la peur mais passez à l'action quand même. Plus vous apprenez à agir en dépit de la peur, plus vous devenez humain. Plus vous suivez la peur, plus vous vivez comme un animal inférieur. Posez-vous donc la question « Suis-je un Homme ou une souris ? ».

Les personnes courageuses ressentent toujours la peur, mais elles ne la laissent pas les paralyser. Les personnes manquant de courage vont tomber plus souvent dans la peur, ce qui a comme effet à long terme de renforcer la peur. Lorsque vous évitez de faire face à la peur et que vous vous sentez soulagé d'y avoir échappé, cela agit comme une récompense psychologique qui renforce le comportement d'évitement dont une souris ferait preuve, vous rendant encore plus susceptible d'éviter de faire face à la peur par la suite. Donc, plus vous éviterez de demander à quelqu'un de sortir avec vous, plus vous vous sentirez paralysé d'effectuer de telles actions par la suite. Vous vous conditionnez littéralement à devenir encore plus timide et encore plus « comme une souris ».

Un tel comportement d'évitement mène à la longue à la stagnation. Au fur et à mesure que vous vieillissez, vous renforcez vos réactions de peur à tel point qu'il devient difficile de vous imaginer faire face à vos peurs. Vous commencez à tenir vos peurs pour acquises ; elles deviennent réelles à vos yeux. Vous vous cocoonez vous-même dans une vie qui vous isole de toutes ces peurs : un mariage stable mais sans bonheur, un emploi qui ne requiert pas de vous de prendre des risques, un salaire qui vous permet de vivre confortablement. Ensuite, vous rationalisez votre comportement : vous avez une famille à vous occuper et vous ne pouvez prendre de risques, vous êtes trop vieux pour changer de métier, vous ne pouvez perdre du poids parce qu'être gros est dans vos gènes. Cinq ans... dix ans... vingt ans passent, et vous réalisez que votre vie n'a pas beaucoup changée. Vous vous êtes enraciné. Tout ce qu'il vous reste maintenant c'est de vivre la fin de votre vie avec avec autant de contentement que possible jusqu'à ce que vous vous enraciniez définitivement sous le sol, où vous atteindrez finalement la sûreté et la sécurité totale.

Mais quelque chose d'autre se passe en coulisses, n'est-ce pas ? Cette petite voix au fond de votre tête qui vous rappelle que ce n'est pas le type de vie que vous vouliez vivre. Elle réclame plus, beaucoup plus. Elle veut que vous deveniez plus riche, que vous ayez une relation amoureuse exceptionnelle, que votre corps soit en parfaite condition physique, que vous appreniez de nouvelles compétences, que vous parcouriez le monde, que vous ayez beaucoup de fabuleux amis, que vous aidiez les personnes dans le besoin, que vous fassiez une véritable différence. Cette voix vous dit que rester dans un emploi à vendre des gadgets le restant de votre vie n'est pas suffisant. C'est cette voix qui fronce les sourcils quand vous jetez un coup d'œil à votre gros ventre dans le miroir ou quand vous arrivez essoufflé en haut de l'escalier. Elle met en lumière la déception de voir ce qu'il est advenu de votre famille. Elle vous dit que la raison pour laquelle vous avez du mal à vous motiver est que vous ne faites pas ce que vous devriez vraiment faire de votre vie... parce que vous avez peur. Et si vous refusez de l'écouter, cette voix sera toujours là, vous harcelant au sujet de vos résultats médiocres jusqu'à ce que vous mourriez, plein de regret eu égard à ce qui aurait pu être.

Alors, comment réagissez-vous à cette voix désagréable qui ne veut pas se taire ? Que faites-vous lorsque que vous vous confrontez à cette intuition que quelque chose ne tourne pas rond dans votre vie ? Quel est votre moyen préféré de la réduire au silence ? Peut-être la couvrez-vous en regardant la télé, en écoutant la radio, en travaillant des heures durant à un travail ingrat, ou en consommant alcool, caféine et sucre.

Mais à chaque fois que vous faites cela, vous diminuez votre niveau de conscience. Vous coulez vers un animal instinctif et vous vous éloignez de plus en plus de la possibilité de devenir un être humain entièrement conscient. Vous réagissez à la vie plutôt que d'être proactif pour mener à bien vos objectifs. Vous tombez dans un état d'auto-impuissance où vous commencez à croire que vos objectifs ne sont plus possibles ou réalisables pour vous. Vous devenez de plus en plus comme une souris, vous essayez même de vous convaincre que la vie en tant que souris pourrait s'avérer pas si mal que ça, puisque toute le monde autour de vous semble être OK avec ce type de vie. Vous vous entourez de collègues souris, et dans les rares occasions où vous rencontrez un être humain pleinement conscient, ça vous effraie horriblement de vous rappeler tout le courage que vous avez perdu.

Augmentez votre niveau de conscience

La vie rétrécit ou s'agrandit en fonction de notre courage. - Anais Nin

Le courage est le prix que la vie exige pour accorder la paix. - Amelia Earhart

Vous gagnez de la force, du courage et de la confiance à travers chacune des expériences pour lesquelles vous vous arrêtez vraiment pour regarder la peur en face. Vous êtes capable de vous dire : « J'ai survécu à cette horreur. Je peux gérer la prochaine chose qui se présentera. ». Vous devez faire les choses que vous pensez ne pas pouvoir faire. - Eleanor Roosevelt

Le moyen de sortir de ce cercle vicieux est de faire appel à votre courage et de vous confronter à votre voix intérieure. Trouvez un endroit où vous pouvez être seul avec un papier et un crayon (ou un ordinateur et un clavier). Écoutez cette voix, et faites face à ce qu'elle vous dit, peu importe si c'est difficile à entendre (la voix est juste une abstraction - il est possible que vous n'entendiez aucun mot ; à la place il est possible que vous voyiez ce que vous devriez faire ou que vous le ressentiez tout simplement. Je vais en revanche continuer de faire référence à cette voix dans les exemples pour des raisons de simplicité). Cette voix peut vous dire que votre mariage est mort depuis dix ans, et que vous refusez d'y faire face car vous avez peur du divorce. Elle peut vous dire que vous avez peur que si vous montez votre propre entreprise, vous allez probablement échouer, et que c'est pour ça que vous restez à votre emploi actuel qui ne vous incite plus à vous dépasser. Elle peut vous dire que vous arrêtez d'essayer de perdre du poids parce que vous avez échoué tant de fois que vous êtes accroc à la nourriture. Elle peut vous dire que les amis que vous fréquentez ne correspondent pas à la personne que vous souhaitez être, et que vous devez laisser ce groupe de référence derrière vous pour en construire un nouveau. Elle peut vous dire que vous avez toujours voulu être acteur ou écrivain, mais que vous avez choisi un travail de vendeur car ça semblait plus sûr. Elle peut vous dire que vous avez toujours voulu venir en aide aux plus démunis , mais que vous ne le faites pas de la manière dont vous devriez. Elle peut vous dire que vous gâchez vos talents.

Essayez de réduire cette voix à un ou deux mots seulement. Qu'est-ce qu'elle vous demande de faire ? Part. Quitte. Parle. Écrit. Dance. Agis. Fais de l'exercice. Vends. Change. Passe à autre chose. Laisse aller. Demande. Apprends. Pardonne. Quoique vous obteniez, écrivez le. Peut-être même avez-vous différents mots pour chaque partie de votre vie.

Maintenant vous avez à franchir l'étape difficile de consciemment accepter que c'est ce que vous souhaitez vraiment. Il n'y a pas de soucis si vous pensez que ce n'est pas possible pour vous. Il n'y a pas de soucis si vous ne voyez pas comment vous pourriez l'obtenir. Mais ne niez pas le fait que c'est ce que vous souhaitez. Vous abaissez votre niveau de conscience lorsque vous faites cela. Lorsque vous regardez votre corps en surpoids, admettez que vous souhaitez réellement être en forme et en bonne santé. Lorsque vous allumez votre prochaine cigarette, ne niez pas que vous souhaitez arrêter de fumer. Lorsque vous rencontrez le possible partenaire de vos rêves, ne niez pas que vous souhaiteriez être en couple avec cette personne. Lorsque vous rencontrez une personne qui semble être en totale paix avec elle même, ne niez pas que vous avez envie d'atteindre le même niveau de paix intérieure. Sortez-vous du déni dans lequel vous êtes. À la place, admettez « Je veux vraiment cela, c'est juste que je ne me sens pas capable de l'avoir actuellement ». Il n'y pas de problème à vouloir quelque chose que vous ne pensez pas pouvoir avoir. Et vous avez certainement tort en concluant que vous ne pouvez pas l'avoir. Mais tout d'abord, arrêtez de vous mentir en prétendant que ce n'est pas vraiment ce que vous souhaitez.

Passez de la peur à l'action, même si vous pensez échouer

Lorsqu'un jeune homme se mesure au grand tyran, le monde, et le prend hardiment par la barbe, il est souvent surpris de constater qu'elle se détache dans sa main et qu'elle tenait dans le seul but d'effrayer les aventuriers timides. - Ralph Waldo Emerson

La plupart de nos obstacles disparaitraient si, au lieu de trembler devant eux, nous nous décidions à les transpercer avec audace. - Orison Swett Marden

Le courage et la persévérance possèdent un talisman magique devant lequel les difficultés disparaissent et les obstacles s'évanouissent dans les airs. - John Quincy Adams

Maintenant que vous avez reconnu avoir peur de faire face à certaines choses, comment vous sentez-vous ? Il est probable que vous vous sentiez paralysé à l'idée d'agir. C'est normal. Même si plonger directement la tête la première et se confronter à ses peurs peut être très efficace, il se peut que cela requiert plus de courage que vous ne vous sentiez capable d'en avoir pour l'instant.

Ce que je veux que vous reteniez de cet article est que le vrai courage est une faculté mentale et non émotionnelle. Neurologiquement cela signifie utiliser la partie appelée néo-cortex de son cerveau pour supplanter les impulsions émotionnelles de la partie limbique. En d'autres termes, vous utilisez votre intelligence humaine, votre logique et votre volonté pour passer outre les limitations dont vous avez hérité en tant que mammifère émotionnel.

Certes tout cela semble se tenir du point de vue logique, mais c'est bien plus facile à dire qu'à faire. Il se peut que vous ayez logiquement conscience que vous n'êtes pas réellement en danger quand vous montez sur scène et parlez devant 1000 personnes, mais votre peur vous rappelle à l'ordre quoiqu'il en soit, et les risques imaginaires vous empêchent de vous porter volontaire pour quoique ce soit de ce style. Ou alors il se peut que vous soyez conscient d'être dans un travail inintéressant, mais vous ne semblez pas être capable de prononcer les mots « Je démissionne ».

Cependant, le courage ne nécessite pas de réaliser des actions drastiques en de telles circonstances. Le courage est une faculté mentale qui s'acquiert et que vous devez entrainer, de la même manière que la musculation permet d'accroître vos muscles. Cela ne vous viendrait pas à l'idée d'aller dans une salle de musculation pour la première fois et d'essayer de lever 200 kg, alors ne pensez pas que pour être courageux vous devez commencer par vous occuper de vos peurs les plus paralysantes.

Je conseille deux méthodes pour développer son courage. La première approche est analogue à un entrainement progressif à la musculation. Commencez par des poids que vous pouvez soulever mais qui représentent un challenge pour vous, entrainez-vous ensuite progressivement à soulever des poids de plus en plus en lourds au fur et à mesure que vous devenez plus fort. Commencez donc par vous occuper de vos plus petites peurs pour ensuite progressivement vous occuper de peurs de plus en plus importantes. Vous entrainer à soulever 200 kg n'est pas si dur si vous avez déjà soulevé 190 kg. De la même manière, parler devant un parterre de 1000 personnes n'est pas si compliqué une fois que vous avez déjà parlé devant 900 personnes.

Prenez un bout de papier et écrivez une des peurs que vous souhaiteriez combattre. Ensuite numérotez sur votre feuille de un à dix et écrivez dix variations de cette peur, la première étant celle produisant le moins d'anxiété et la dixième celle en produisant le plus. C'est votre hiérarchie de la peur. Par exemple, si vous êtes effrayé de demander à quelqu'un de sortir avec vous, la première peur sur votre liste pourrait être de sortir sur une place publique et de sourire à quelqu'un que vous trouvez attractif (peur de timidité). La numéro deux pourrait être de sourire à dix inconnus attrayants par jour. La numéro dix pourrait être de demander à votre personne idéale de sortir avec vous en face de tous vos amis mutuels alors que vous êtes presque certain que vous vous prendrez un râteau et que tout le monde dans la pièce se mettra à rire (peur extrême). Maintenant commencez par vous fixer un objectif pour réaliser le numéro un de votre liste. Une fois que vous avez réussi (et réussir dans ce cas signifie agir, peu importe le résultat), passez à la numéro deux et ainsi de suite jusqu'à ce que vous soyez prêt à vous attaquer à la numéro dix ou alors jusqu'à ce que vous sentiez que la peur n'est plus un obstacle. Il est possible que vous deviez ajuster quelques entrées de votre liste afin de les rendre effectivement réalisables. Et si jamais vous sentez que le prochain pas à franchir est juste trop énorme, alors découpez le en plus petites étapes. Si vous pouvez soulever 190 kg mais pas 200, alors essayez 195 ou même 191 kg. Faites-le aussi graduellement que nécessaire de manière à ce que la prochaine étape soit un challenge que vous pensez pouvoir relever. N'hésitez pas à répéter une étape déjà effectuée plusieurs fois si vous sentez que vous en avez besoin pour vous préparer à l'étape suivante. Ménagez-vous.

En suivant ce programme d'entraînement progressif, vous allez accomplir deux choses. Vous allez cesser de renforcer la réponse de peur/évitement dont vous avez fait preuve par le passé, et vous allez vous conditionner à agir plus courageusement par la suite. Ainsi votre sentiment de peur va diminuer pendant que l'expression de votre courage va grandir. Neurologiquement vous allez affaiblir le contrôle limbique de vos actions au profil du contrôle du néo-cortex, de manière à graduellement passer d'un comportement de souris inconsciente à un comportement d'humain pleinement conscient.

La deuxième approche pour développer votre courage est d'acquérir des connaissances et des compétences supplémentaires dans le domaine relatif à votre peur. Confronter vos peurs la tête la première peut aider, mais si votre peur est principalement basée sur l'ignorance ou le manque de compétence, alors vous pouvez réduire ou éliminer la peur en vous informant et en apprenant sur le sujet de votre peur. Par exemple, si vous avez peur de quitter votre travail et de monter votre propre entreprise, même si vous aimeriez plus que tout travailler pour vous même, alors commencez à lire des livres et à suivre des cours sur comment monter votre propre entreprise. Passez un après midi à votre médiathèque afin de vous documenter sur le sujet ou faites-le en ligne. Contactez votre CCI locale (Chambre de Commerce et d'Industrie) ou n'importe quel organisme pouvant vous aider. Assistez à des conférences. Établissez des liens. Demandez l'aide de votre mentor. Développez vos compétences jusqu'à ce que vous commenciez à avoir confiance en votre réussite, et ces connaissances vous aideront à agir avec plus de courage et d'audace quand vous serez prêt. Cette méthode est particulièrement efficace quand une grande partie de votre peur est due à l'inconnu. La plupart du temps lire un ou deux livres sur le sujet sera suffisant pour dissiper la peur de manière à pouvoir agir.

Ces deux méthodes sont mes favorites, mais il existe de multiples autres moyens de vous conditionner à vaincre la peur comme la programmation neuro-linguistique, la thérapie par implosion, la désensibilisation systématique et l'auto-confrontation. Vous pouvez vous documenter via les moteurs de recherche en ligne si vous souhaitez augmentez le nombre d'outils dont vous disposez pour vaincre la peur. La plupart d'entre eux peuvent s'auto-administrer (à l'exception notable de la thérapie par implosion).

Le processus utilisé pour développer votre courage n'est pas important. Ce qui compte c'est que vous le fassiez consciemment. De la même manière que vos muscles vont s'atrophier si vous ne les faites pas fonctionner régulièrement, votre courage va s'atrophier si vous ne vous challengez pas constamment pour faire face à vos peurs. En l'absence de ce type de conditionnement conscient, vous deviendrez automatiquement faible de corps et d'esprit. Si vous ne mettez pas votre courage à l'épreuve régulièrement, alors par défaut vous renforcez votre peur ; il n'y a pas de juste milieu. Comme vos muscles s'atrophient lorsque vous ne les utilisez pas assez, votre courage déclinera automatiquement en l'absence de mise à l'épreuve.

Tout cela peut vous paraître obscur, alors voici une façon positive de voir les choses. De lourdes charges peuvent représenter de sérieux fardeaux physiques, mais elles sont utiles pour augmenter vos muscles. Vous ne regarderiez pas une haltère en disant « Pourquoi es-tu si lourde ? ». Elle est ce qu'elle est. La lourdeur est dans votre tête, ce n'est pas une propriété intrinsèque de l'haltère. De la même façon, ne regardez pas les choses qui vous font peur on vous disant « Pourquoi êtes-vous si effrayantes ? ». La peur est votre réaction, pas une propriété de l'objet de votre anxiété.

La peur n'est pas votre ennemi. C'est un compas pointant les zones de votre vie où vous devez grandir. Ainsi lorsque que vous faites face à une nouvelle peur en vous, célébrez la comme une opportunité de grandir, de la même manière que vous célébreriez votre nouveau record personnel aux haltères.

Ayez un aperçu de votre propre grandeur

Tout le monde a du talent. Ce qui est rare c'est d'avoir le courage de suivre ce talent jusqu'à l'endroit obscur où il mène. - Erica Jong

Le plus grand courage est d'oser apparaître tel que l'on est. - John Lancaster Spalding

Quoique vous fassiez, vous avez besoin de courage. Peu importe le parcours que vous choisissez, il y aura toujours quelqu'un pour vous dire que vous avez tort. Il y a toujours des difficultés qui font surface et qui tendent à vous faire croire que ces critiques sont justifiées. Tracer un plan d'action et le suivre jusqu'au bout requiert une partie du courage dont un soldat a besoin. La paix a ses victoires, mais il faut des hommes et des femmes braves pour les remporter. - Ralph Waldo Emerson

Alors, que faites-vous de votre courage fraîchement développé ? Où va-t-il vous mener ? La réponse est qu'il va vous permettre de vivre une vie bien plus enrichissante et pleine de sens. Vous allez réellement commencer à vivre comme un humain audacieux au lieu de comme une timide souris. Vous allez mettre au jour et développer vos plus grands talents. Vous allez vivre de manière bien plus consciente et délibérée que vous ne l'avez jamais fait. Au lieu de réagir à des événements, vous allez proactivement fabriquer vos propres événements.

Le courage est quelque chose que vous ne pouvez réellement expérimenter que tout seul. C'est une victoire personnelle, pas une victoire publique. Faire preuve de courage pour écouter vos peurs les plus enfouies n'est pas une activité de groupe et ne résulte pas d'un consensus décidé avec les autres. Kahlil Gibran a écrit dans « Le Prophète » : « La vision d'un homme ne prête pas ses ailes à un autre ». Le but de votre existence, c'est à vous seul de le découvrir. Personne sur Terre n'a vécu exactement les mêmes expériences que les vôtres, et personne ne pense exactement les mêmes choses que vous.

Par ailleurs, il s'agit d'une prise de conscience solitaire. Que vous viviez seul ou que vous profitiez de la plus profonde intimité avec l'être aimé, au fond de vous vous devez toujours faire face au fait que seul vous pouvez vivre votre vie. Vous pouvez choisir de céder temporairement le contrôle de votre vie à d'autres, que ce soit une entreprise, un conjoint, ou simplement la pression de la vie de tous les jours, mais vous ne pouvez jamais vous débarrassez de votre responsabilité quant aux résultats. Que vous assumiez directement et consciemment avoir le contrôle de votre vie ou que vous réagissiez simplement aux événements lorsqu'ils vous arrivent, vous et vous seul devez en assumer les conséquences.

Si vous vous engagez à suivre la voix du courage, vous finirez par être obligé de vous confronter à ce qui est peut-être la plus grande de toutes les peurs : celle que vous êtes plus puissant et capable que vous aviez initialement cru, que votre votre ultime potentiel est bien plus grand que tout ce que vous avez pu connaître par le passé et qu'avec ce pouvoir viennent d'énormes responsabilités. Il se peut que vous ne soyez pas en mesure de résoudre tous les maux de la planète, mais si vous vous engagez à 100% dans l'accomplissement de votre vrai potentiel, vous pouvez impacter de manière significative les vies de beaucoup de gens et cet impact se répercutera à travers les générations à venir.

Quelle est la différence entre vous et une de ces figures héroïques légendaires qui a eu un tel impact ? Vous deux partagez nombre de peurs. Vous deux êtes nés avec des talents dans certains domaines et des faiblesses dans d'autres. La seule chose qui vous arrête est la peur et la seule chose qui va vous permettre de la surmonter c'est le courage. Ce que vous faites de votre vie n'est pas du ressort de vos parents, de votre patron ou de votre conjoint. Ça ne dépend que de vous et de vous seul.

Avoir un aperçu de votre propre grandeur peut être une des expériences les plus troublante qu'il soit. Ce qui est encore plus perturbant est de prendre conscience des énormes défis qui vous attendent si vous l'acceptez. Vivre consciemment ce n'est pas choisir la facilité, mais c'est une expérience humaine unique qui requiert de prendre la décision de laisser aller la souris qui est en vous. Aller chercher vos plus ambitieux rêves et expérimenter l'échec et la déception, aller contre ses limitations humaines les plus humiliantes au lieu de vivre avec un énorme potentiel en réserve : ces craintes nous sont toutes communes.

Les premières fois que vous rencontrerez de telles peurs, il est possible que vous retourniez à l'illusoire sécurité de la vie de souris. Mais si vous continuez à mettre en pratique votre courage, vous allez finir par mûrir au point où vous pouvez ouvertement accepter les défis et les responsabilités de la vie comme un humain pleinement conscient. Continuer à vivre comme une souris n'aura tout simplement plus aucun intérêt pour vous. Vous reconnaitrez au plus profond de vous que vous avez éveillé cet incroyable potentiel et que vous acceptez ce qu'il demande de vous. Peu importe ce que ça me coûte, ce que je dois sacrifier pour suivre cette route, amenez-le moi. Je suis prêt. Même si vous continuerez à ressentir la peur, vous la reconnaîtrez pour l'illusion qu'elle est, et vous saurez comment utiliser votre courage humain pour la faire taire, de manière à ce que la peur n'ait plus d'emprise sur vous.

Prenez cette audacieuse aventure à pleines mains

Avant de vous embarquer sur un quelconque chemin posez-vous la question : ce chemin a-t-il un cœur ? Si la réponse est non, vous le saurez et vous devrez alors choisir un autre chemin. Le problème c'est que personne ne pose la question. Et lorsqu'un homme réalise finalement qu'il a emprunté un chemin sans cœur, le chemin est prêt à le tuer. - Carlos Castaneda

Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter. La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ? Le luth qui console votre esprit n'est-il pas du même bois que celui creusé par les couteaux ? - Kahlil Gibran

L'inaction produit le doute et la peur. L’action produit la confiance et le courage. Si vous voulez conquérir la peur, ne vous asseyez pas chez vous en y pensant. Sortez et trouvez à vous occuper. - Dale Carnegie

Au fur et à mesure que vous allez vous faire une idée de votre vrai but dans la vie, il est possible que vous ressentiez un difficile décalage entre votre situation courante et celle vers laquelle vous envisagez de bouger. Ces deux mondes peuvent sembler si différents à vos yeux que vous ne pouvez mentalement concevoir comment construire un pont entre eux. Comment pouvez-vous concilier la réalité pratique consistant à prendre soin de vos obligations comme gagner de l'argent pour payer vos factures et vos impôts, plaire à votre patron, élever votre famille, et entretenir des relations sociales avec des gens qui ne peuvent même pas faire le lien entre ce que vous vivez et la nouvelle vision de vous même vers laquelle vous souhaitez désespérément vous diriger ? Toute une nouvelle série de craintes peuvent surgir en rapport avec ce changement apparemment impossible. Comment allez-vous subvenir à vos besoins ? Que va-t-il advenir de vos relations ? Êtes-vous juste en train de vous voiler la face ?

Le meilleur conseil que je peux vous donner ici est de ne pas essayer de construire un pont. À la place concentrez-vous indépendamment sur le processus de manifestation de cette nouvelle vision de vous même à partir de zéro, comme s'il s'agissait d'un sujet séparé dans votre vie. Si ça crée une incompatibilité temporaire dans votre vie, faites-le quand même. Par exemple, supposez que vous travaillez actuellement comme avocat spécialisé en divorces, mais votre courage vous dit que vous devriez considérer d'arrêter ce travail contradictoire. Vous vous voyez en train d'apprendre passionnément à des couples comment sauver leur relation. Mais vous n'arrivez pas à vous imaginer comme un avocat plaidant la cause des relations amoureuses, et en plus de ça, vous n'arrivez pas à voir comment vous pourriez gagner décemment votre vie, en tout cas pas rapidement. Il y a juste un trop grand fossé entre cette nouvelle vision et la réalité actuelle. Alors, à la place d'essayer de combler ce fossé, commencez juste à construire votre nouvelle vision de zéro pendant le temps libre que vous avez, même si ce n'est qu'une ou deux heures chaque semaine. Continuez à travailler en tant qu'avocat, mais sur votre temps libre, commencez à poster anonymement des messages sur les forums pour donner des conseils sur comment sauver son couple. Utilisez les compétences oratoires que vous avez développé en tant qu'avocat pour parler à de petits groupes de comment sauver leur couple. Éventuellement créez un nouveau site web et commencez à écrire des articles sur votre nouvelle passion. Vous n'avez pas besoin de cacher le fait que vous êtes un avocat, mais ne vous inquiétez pas de comment relier ces deux mondes. Vivez dans le paradoxe. Commencez simplement à développer le « nouveau vous » et autorisez « l'ancien vous » à continuer d'exister en parallèle.

Ce qu'il va se passer c'est que vous allez développer de nouvelles compétences dans votre nouveau domaine, et vous allez finir par trouver un moyen d'en vivre, même si vous ne voyez pas comment faire actuellement. Il est possible que vous ne voyiez pas de moyen de vivre de votre nouvelle vision actuellement, mais ce n'est pas un souci. Commencez quoiqu'il en soit, faites-le gratuitement, sans vous demander comment le transformer en une carrière à plein temps. Attendez patiemment plus de clarté ; vous finirez par trouver un moyen pour faire en sorte que cela marche. Ensuite, quand ça sera le moment, vous serez capable de tranquillement abandonner votre ancienne carrière pour vous concentrer entièrement sur votre nouvelle. À un certain moment, vous serez capable de vous engager pleinement dans votre nouvelle vie. Votre passion pour votre nouveau travail finira par supplanter votre peur d'abandonner votre ancienne source de stabilité. Ainsi, au lieu d'essayer de transformer votre ancienne carrière en une nouvelle, commencez simplement par construire votre nouvelle carrière et laissez l'ancienne disparaitre petit à petit. Même si vous ne pouvez passer qu'une heure par semaine à votre nouvelle vie, vous allez probablement découvrir que cette heure est bien plus épanouissante que toutes les autres heures que vous avez pu passer à votre ancienne carrière et que cette passion vous conduira à trouver petit à petit un moyen d'augmenter cette présence jusqu'à ce quelle remplisse la plupart de vos jours. La chose la plus importante est de commencer maintenant à introduire cette nouvelle vision dans votre vie quotidienne, même si vous ne pouvez le faire qu'un tout petit peu au début.

Peu importe si cela semble difficile, faites le choix de vivre consciemment. Ne succombez pas à ce royaume semi-conscient où la pensée par la peur règne en remplissant votre vie de distractions pour éviter d'avoir à faire face à la manière dont vous vous sentez dans ces moments de silence entre vos pensées. Soit vous exercez ce don qui vous a été donné en tant qu'humain, le courage, pour progressivement développer la force de faire face à vos peurs les plus obscures et profondes en vivant comme l'être puissant que vous êtes, soit vous admettez que vos peurs sont trop fortes pour vous et vous prenez à pleines mains la vie de souris. Mais faites ce choix en conscience en réalisant complètement quelles en sont les conséquences. Si vous êtes sur le point d'autoriser la peur à gagner la bataille de votre vie alors proclamez sa victoire et déclarez forfait. Si vous évitez tout simplement de vivre consciemment et courageusement, alors cela est équivalent à renoncer à la vie elle-même, où votre existence n'est à peine plus qu'une période d'attente de votre mort physique : le néant par rapport à l'aventure audacieuse.

Ne mourrez pas sans avoir croqué à pleines dents dans l'aventure audacieuse que votre vie est censée être. Il est possible que vous tombiez en faillite. Il est possible que vous connaissiez l'échec et le rejet à plusieurs reprises. Il est possible que vous ayez à endurer nombre de relations qui ne marchent pas. Mais ce ne sont que des jalons sur le chemin d'une vie vécue avec courage. Ce sont vos victoires personnelles, elles vont creuser un plus grand espace en vous pour pouvoir le remplir abondamment de joie, de bonheur et d'épanouissement. Alors allez de l'avant et tremblez : réunissez ensuite le courage nécessaire pour suivre vos rêves quoiqu'il en soit. C'est ça la force imbattable.

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