La liste des sujets à aborder avant qu'il ne soit trop tard

La mort reste un taboo dans notre société actuelle. Elle l'était d'ailleurs encore pour moi il n'y a pas si long que ça. J'ai longtemps cru que parler de la mort était quelque chose de triste qui devait donc être évité. C'était avant que je me rende compte de deux choses :

  1. ce n'est pas parce qu'il est triste qu'un sujet doit être évité,
  2. parler de sa mort c'est aider la vie des autres.

Aux personnes qui me parlaient du « moment où elles ne seraient plus là » j'ai souvent répondu : « ça ne va pas de parler de ça, il y a quand même plus gai comme sujet de conversation. Et puis bon, tu n'es pas encore mort(e) ! ». Vous noterez toute l'ironie du propos. Parler de sa mort lorsqu'elle est effective est sûrement un peu plus compliqué.

On a souvent tendance à croire que les personnes qui souhaitent parler de leur mort sont des personnes qui veulent mourir. Comme si en parler pouvait faire en sorte qu'elle rapproche. Et pourtant, apprendre à parler de la mort c'est apprendre à vivre. L'un ne va pas sans l'autre.

Faciliter la vie des autres

Parler de sa mort a un but précis : faciliter celle des autres. Que ce soit la vie de vos proches ou celles d'illustres inconnus, vous pouvez faire une différence significative en vous exprimant sur des sujets importants. En voici une liste (certainement non exhaustive) :

  1. La crémation ou l'enterrement. Si vous vous prononcez dessus avant votre mort, vos proches n'auront pas à se poser la question.
  2. L'acharnement thérapeutique. Que souhaitez-vous dans le cas où une machine vous tient artificiellement en vie, ou si vous ne pouvez plus communiquer avec le monde extérieur sans espoir d'amélioration ?
  3. La cérémonie religieuse ou civile. Même si la religion a de moins en moins d'impact actuellement, il y a de grandes chances que vous ou vos proches soyez culturellement « rattachés » à une religion. Il est toujours bon de stipuler avant quelle type de cérémonie vous souhaitez (et si vous en souhaitez une).
  4. Le don d'organes. Êtes-vous pour ou contre ? Si vous ne mettez pas au courant vos proches que vous êtes pour, il y a de grandes chances qu'ils ne prennent pas la décision pour vous et décident de dire non. Vous pourrez trouver de la documentation sur le site de l'adot. Personnellement je porte une carte dans mon portefeuille stipulant que je souhaite donner mes organes.

Ce ne sont jamais des sujets faciles à aborder, mais je pense que ça vaut le coup d'essayer. Ne seriez-vous pas content de savoir que vous respecterez les volontés du défunt le moment venu ? Certainement que si, mais pour ça, il faut qu'il les ait exprimées. C'est peut-être le bon moment pour vous ?

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